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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> L'Odyssée Magique

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Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Préfet en chef
Chroniqueur Gryff'Time
Membre des Maraudeurs
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Gryffondor
1re année
Titre : Re : Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Créé : 16/09/2026 à 20:59:51

Subitement, Meelo commença à se tortiller sur place, crachant les restes de l'eau qu'il avait respiré. Lors de son plongeon, le garçon avait perdu son chapeau préféré et bien qu'il pleurerait plus tard, le garçon était complètement perdu et n'avait aucune idée d'où il était. Ses petits yeux s'arrêtèrent sur Jemima et, d'une voix très rauque et toussotant, il s'adressa à elle.

« Maman..? »

Chroniqueuse Chicaneur
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Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Créé : 16/09/2026 à 21:50:36

Tout se passait si vite tout d’un coup. Margaret n’avait pas pris le temps de consulter qui que ce soit, faisant ce qu’elle savait si bien faire : foncer tête baissée. Son plan allait-il fonctionner ? Elle ne savait pas. Par contre, elle avait vraiment besoin que ses camarades la suivent dans ce sauvetage. En espérant qu’il n’était pas trop tard.

Lorsque la Serdaigle plongea, l’eau était d’un froid glacial. Un énorme frisson avait parcouru son corps et elle avait laissé échapper un petit cri au contact du liquide sur sa peau, mais pas le temps de se réchauffer. Elle voulait sauver le garçon. Elle allait s’occuper d’elle à un autre moment.

Quand elle avait aperçu la masse sous la coque, la jeune Dubois ne savait pas si c’était le Gryffondor ou quelqu’un d’autre, mais là aussi, elle n’avait pas le temps de faire les vérifications. Il allait falloir s’en tenir à la destinée. Attrapant la masse par le bras et ensuite en passant les siens sous les aisselles du corps sans vie apparente, la brune donna le signe qu’elle était prête à remonter. Faisant battre ses pieds dans cette eau aux allures de petites aiguilles sur sa peau, l’adolescente remonta à la surface et revint sur le pont en un rien de temps.

Elle reprit son souffle, sentant une chaleur sur ses épaules. Jemima avait pris le temps de la couvrir. Tandis que Margaret tentait de retrouver son souffle, ses poumons s’étant contractés si fort à cause du froid. Tout le monde avait d’yeux que pour le jeune Meelo et c’était normal. Nathan vint vers elle, se posant à ses côtés. La quatrième année sentait bien qu’il avait envie de lui faire la morale, mais il s’était retenu. Il fallait bien que quelqu’un se lance, puisque, pour le moment, le groupe d’adolescents était laissé à lui-même. Sentant la chaleur de la main de son ami sur sa joue, Margaret releva son regard émeraude vers le visage du Fray. Elle avait encore les joues rougies par le froid.


MARGARET : Je ne pouvais rester les bras croisés. Il fallait le sortir de là. Puis tu vois, je vais bien. Tout le monde va bien.

Sur ses paroles, la brune se colla contre Nathan, pour chercher la chaleur. Elle était transie de froid, malgré le soleil qui frappait le bateau et qui permettait au bois du pont de sécher. Puis, il y avait que de bonnes nouvelles pour le moment. Meelo s’était réveillé, recrachant l’eau salée qu’il avait avalée. Puis Homère semblait heureux, s’il était possible de dire cela, que le groupe soit resté uni.

Se détachant un tout petit peu de son ami, la jeune Dubois regarda tout le petit groupe hétéroclite toujours actif. Malgré leurs différences, ils réussissaient à passer au travers des épreuves qui se trouvaient sur leur chemin.


MARGARET : Je crois que nous sommes mieux de reprendre la route et, selon Homère, il faut aller vers le Sud !

Légèrement épuisée, Margaret avait qu’une chose ne tête : que tout le monde retourne vivant à Poudlard.




Kit de Nathan Fray
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
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Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Créé : 16/09/2026 à 21:58:17

* Jemima était soulagée. Margaret allait bien et, après un moment qui avait paru fort long à Jem', Meelo avait enfin commencé à reprendre conscience et, en toussant, en crachant, il avait expulsé l'eau qu'il avait avalée pendant son séjour dans l'eau.

La jeune fille continua à garder le jeune garçon bien au chaud sous la couverture, mais, à un certain moment elle fut sidérée par les paroles du Gryffondor. Il la prenait pour sa maman ! Jem' était émue par ce qui se passait. Elle devait absolument rectifier cette méprise, mais, surtout, elle devait éviter que, dans un nouvel élan de désespoir, Meelo ne se précipite à nouveau dans l'eau !

Elle répondit alors très calmement, d'une voix très douce, en maintenant plus fermement la couverture sur le corps du jeune garçon. *


JEMIMA : Bonjour Meelo, ta maman n'est pas loin. Elle va bientôt arriver. Moi, je suis Jemima, tu me connais. Tu as eu un petit accident. Une grosse vague est passée sur le pont du bateau et elle t'a renversé. C'est pourquoi tu es tout mouillé. Un peu de patience, bientôt tu reverras ta maman.

* La jeune fille n'était absolument pas fière de raconter de tels mensonges à Meelo mais ses réactions étaient imprévisibles et il avait de la force malgré son allure un peu frêle.

Le bateau allait bientôt repartir et ce n'était pas le moment pour qu'un nouvel accident se produise.

Jem' resta donc près du jeune garçon, le berçant quelque peu contre elle, comme l'aurait fait sa mère, tout en faisant en sorte qu'il se calme totalement.

Et, si un ou une adulte venait l'aider, elle serait bien plus tranquille pour la suite. *

Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats :'(

Crocs du Blaireau
PJ de Joplin Romney et Fiona Romney

Magizoologiste
Serveur
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Créé : 16/09/2026 à 23:10:45


Depuis qu’ils avaient quitté l’île de Circé, Terry ne cessait de se remémorer les animaux qui les avaient suivis du regard jusqu’au rivage. Il ne parvenait pas à oublier leur expression presque humaine, ni la pensée que certains étaient peut-être des voyageurs condamnés depuis des années à vivre sous une forme qui n’était pas la leur. Il avait pourtant dû partir, mais avait été sincère lorsqu'il s'était promis de revenir dès qu'il le pourrait. Les élèves demeuraient sous sa responsabilité et leurs réserves s’épuisaient. Rester sur l’île pour rechercher un antidote destiné à des victimes inconnues aurait exposé tout le groupe au courroux de Circé. Le jeune homme se répétait qu’il pourrait revenir avec de l’aide lorsqu’ils seraient en sécurité, mais cette promesse rejoignait déjà toutes celles qu’il avait faites depuis le début du voyage : revenir chercher les animaux de Circé, retrouver les elfes du lotus, expliquer l’ouverture du balluchon... et surtout, ramener les enfants vivants !

Lorsque la terre morte apparut devant eux, le serveur des Trois-Balais comprit que le répit accordé par Circé était terminé. Aucun oiseau ne survolait les branches desséchées. Il n’entendait ni insectes ni bruissement dans les broussailles. Ce silence n’était pas celui d’un lieu paisible, mais celui d’un endroit dont la vie semblait avoir été retirée.


TERRY : Personne ne débarque avant que nous sachions où nous sommes. Restez éloignés des bords.

Puis la voix monta des profondeurs. Il ne la reconnut pas immédiatement... Elle ressemblait d’abord à un murmure étouffé par la mer, puis plusieurs timbres s’entremêlèrent jusqu’à former des mots distincts. Ce n’était pas sa mère. Elle était gravement malade, mais vivante à Sainte-Mangouste. La voix ne pouvait employer son souvenir sans lui rappeler, par sa seule présence, que le piège mentait. Elle choisit donc des morts plus récents.

TERRY...

Il entendit la voix du jeune Serpentard dévoré dans la caverne de Polyphème. Puis celle d’un autre élève. Enfin, le timbre aigu d’un elfe de maison.

TU NOUS AVAIS PROMIS DE NE LAISSER PERSONNE DERRIÈRE !

Terry se figea. Les sons ne provenaient pas réellement de l’eau, ils naissaient à l’intérieur de son esprit, au même endroit que ses souvenirs et ses remords. Se boucher les oreilles ne servit à rien.

TU POUVAIS NOUS PROTÉGER...

L’image de la caverne se dressa devant lui avec une netteté insupportable : Polyphème se réveillant, sa main immense se refermant sur ses victimes, le magizoologiste levant sa baguette trop tard... Il revit chacun de ses gestes et chacune des décisions qu’il aurait pu prendre autrement. La voix poursuivit, douce et presque compatissante.

CE N'EST PAS TROP TARD. REJOINS-NOUS. TU PEUX ENCORE NOUS RAMENER, TU PEUX NÉGOCIER POUR NOUS...

Le jeune homme fit un pas vers le bastingage. La surface grisâtre de la mer ne lui parut plus menaçante et ressemblait à présent à une porte. Derrière elle se trouvaient les enfants morts sous sa responsabilité, les elfes qu’il n’avait pas pu sauver et, peut-être, une chance de réparer ses fautes. S’il existait réellement un passage vers le monde des morts, un sorcier encore vivant pouvait peut-être franchir sa frontière et revenir accompagné de ceux qui n’auraient jamais dû mourir. Un deuxième pas le rapprocha de l’eau.

TU AS OUVERT LE BALLUCHON...

Cette phrase le transperça. Les images troubles de cette nuit revinrent : la corde enchantée, le cuir trop lourd, ses doigts marqués, le bruit sec précédant la tempête. Terry ne pouvait plus prétendre qu’il ignorait ce qui s’était passé. Même si son souvenir demeurait imprécis, il avait ouvert le sac. Il avait libéré les vents, provoqué la tempête et exposé tous les passagers à un nouveau danger, lui qui prétendait chercher à les protéger !

TU LEUR MENS CHAQUE JOUR. VIENS AVEC NOUS. ICI, TU N'AURAS PLUS BESOIN DE CACHER CE QUE TU AS FAIT !

Ses mains se posèrent sur le bastingage. Le contact froid du bois l’empêcha de basculer immédiatement. IL contempla l’eau et crut distinguer des silhouettes sous la coque. Plusieurs visages le regardaient. Aucun ne manifestait de colère. Ils lui tendaient simplement les bras. Cette absence de reproche rendait l’appel plus difficile encore à combattre. Maintenant, il voulait les rejoindre. Non parce qu’il souhaitait mourir, mais parce que la voix lui faisait croire qu’en plongeant, il pourrait enfin remplir les promesses qu’il n’avait pas tenues. Il lui semblait qu’un seul geste suffirait pour effacer la caverne, la tempête et la culpabilité.

Puis un cri d’enfant s’éleva derrière lui. Le serveur tourna légèrement la tête. Sur le pont, des élèves pleuraient et luttaient contre la même tentation. Certains s’attachaient aux mâts. D’autres retenaient leurs camarades de toutes leurs forces. Des mains tremblantes agrippaient des cordes tandis que les voix promettaient à chacun les retrouvailles qu’il désirait le plus. Il comprit alors ce qui n’allait pas : les morts de la caverne ne lui auraient jamais demandé d’abandonner les vivants ! Un enfant qu’il n’avait pas pu sauver n’aurait pas exigé qu’il condamne tous les autres pour le rejoindre. La voix ne lui proposait ni pardon ni réparation, elle se servait de ses remords pour ajouter sa vie à celles qu’il regrettait déjà.


TERRY : Vous n’êtes pas eux.

Les silhouettes sous l’eau se firent plus nettes et la voix plus insistante.

TU NOUS ABANDONNES ENCORE...

La douleur du jeune homme ne diminua pas, mais il recula. Chaque pas loin de la balustrade lui donna l’impression de trahir une seconde fois les victimes du cyclope. Les voix devinrent plaintives, puis accusatrices, elles lui rappelèrent son impuissance, l’état de sa mère et le secret du balluchon. Pourtant, à mesure qu’il s’éloignait de l’eau, leur douceur se fissurait. Sous les paroles familières, il percevait désormais quelque chose de froid, affamé et totalement étranger aux personnes mortes. Il passa alors une corde autour de sa taille et l’attacha au mât.

TERRY : Ce ne sont pas vos proches ! Les véritables morts ne vous demanderaient pas de mourir pour eux ! Attachez-vous et retenez ceux qui ne le peuvent plus !

Des élèves basculèrent malgré tout par-dessus bord. Terry lança immédiatement des cordages dans leur direction et tenta de les saisir avec un sortilège, mais la mer les entraîna sous la coque et leurs silhouettes disparurent presque aussitôt. Une nouvelle blessure s’ajouta aux précédentes. Le magizoologiste demeura une seconde paralysé, la baguette pointée vers l’endroit où ils avaient disparus, engloutis par les flots. Encore deux élèves qu’il n’avait pas été assez rapide pour sauver. L’envie de plonger revint avec une violence redoublée, nourrie cette fois par des morts survenues quelques secondes auparavant mais d’autres élèves se rapprochaient déjà du bord. Il se força donc à se détourner de la mer. Il lança des sortilèges Incarcerem vers ceux qui échappaient aux mains de leurs camarades, faisant naître des cordes qui s’enroulaient autour de leur taille plutôt que de les entraver brutalement. Il renforça les nœuds, rattacha plusieurs cordages au mât et ordonna aux plus âgés de former des groupes autour des plus jeunes.

La prophétie de la silhouette encapuchonnée le laissa partagé entre la peur et la méfiance. Poudlard aurait été attaqué par les sorciers grecs responsables de leur enlèvement. Une autre guerre aurait commencé à l’intérieur même de l’école. Il pensa aussitôt aux créatures de la Valise, et notamment à Omorphy, son hippogriffe. Si Poudlard était assiégé, qui prenait soin d’elles ? Certaines étaient malades avant son départ. D’autres avaient besoin d’une alimentation ou de soins très précis. Il pensa également aux élèves arrivés au château, pendant qu'eux disparaissaient, et aux collègues qui tentaient peut-être de résister. C'est à ce moment qu'il se souvint du sceau apposé sur le message du balluchon et de la confiance qu’il lui avait accordée. Il ne considérerait plus une prophétie comme vraie au seul motif qu’elle connaissait leurs peurs.


TERRY : Nous vérifierons ces paroles. Elles peuvent dire vrai comme elles peuvent chercher à nous précipiter vers un nouveau piège. Pour le moment, le seul fait certain est que cette mer essaie de nous tuer.

Le magizoologiste avait parlé plus pour lui-même que pour les autres qui continuaient malheureusement à être envoutés par les voix, certains se rapprochant dangereusement du garde-corps. La harpe de Jade et son ordre de s’éloigner de l’eau permirent à plusieurs élèves de reprendre pied dans la réalité. Terry sentit lui-même les voix perdre une partie de leur emprise lorsque la musique se répandit sur le pont. Il comprit ce que la bibliothécaire était en train de faire et le prix moral que cet usage de son ascendance représentait pour elle.

TERRY : Merci Jade pour ton initiative ! Continue tant qu’ils approchent des bords ! Oriente-les vers les mâts, pas vers toi !

Il savait que Jade détestait influencer les élèves. Dans d’autres circonstances, il aurait partagé ses scrupules. Mais elle ne leur imposait ni désir personnel ni soumission durable : elle détournait des enfants d’une mort certaine. Terry ne lui reprocherait jamais ce choix. Avant qu’il puisse réfléchir davantage à ce dilemme, la voix de Meelo déchira le tumulte. Le jeune homme se retourna et vit le jeune Gryffondor plonger.

TERRY : MEELO !

Terry courut vers le bord, mais l’enfant avait déjà disparu sous la surface. Durant un instant, il ne vit plus que l’eau grisâtre se refermant au-dessus de lui. Le monde sembla se figer. Il avait promis à Meelo de le ramener chez lui et lui avait affirmé qu’il le protégerait de Polyphème. Sur l’île de Circé, il avait essayé de maintenir les plus petits derrière lui sous sa forme de jaguar. Et voilà que l’enfant venait de lui échapper à quelques mètres seulement. Cette fois, Terry refusa d’arriver trop tard.

Lorsque la voix d’Homère signala le rangement près du poste de pilotage, Jade et Margaret s’y précipitèrent. Terry les rejoignait lorsqu’il vit la Serdaigle s’attacher au bout d’une corde.


TERRY : Margaret, attends ! Il faut une bouée et quelqu’un pour sécuriser...

Elle sauta avant qu’il puisse terminer. La peur se transforma brièvement en colère. Margaret venait de risquer sa vie sans protection thermique, sans sortilège respiratoire et sans attendre qu’un adulte puisse prendre sa place. Mais le jeune homme savait aussi pourquoi elle avait agi : chaque seconde passée à organiser un sauvetage diminuait les chances de Meelo.

TERRY : Sécurisez cette corde ! Deux points d’ancrage, pas un seul ! Si un nœud cède, on les perd tous les deux !

Il lança un Accio vers le rangement et récupéra une bouée attachée à une longue corde. Plutôt que de la jeter au hasard, il la fit léviter jusqu’au bord de la coque, dans la direction où Margaret avait disparu. Jemima, Nox, Nathan et plusieurs autres élèves formaient déjà une chaîne autour du cordage. Mirabelle, encore reliée à sa propre corde, se contorsionnait pour les rejoindre. Terry vit qu’elle réalisait un nœud de huit et approuva immédiatement son choix. Les « Ho hisse ! » de Jemima, Nox et Mirabelle couvrirent partiellement les appels des morts. Ce rythme était simple, mais il permettait à tous d’unir leurs efforts. Le serveur des Trois-Balais saisit à son tour la corde. Il lança un sortilège pour l’empêcher de glisser entre leurs mains, puis accompagna chaque traction au signal donné par Jemima.

TERRY : Ho hisse ! Ensemble ! Ne relâchez pas entre deux mouvements !

Il sentit enfin deux poids au bout du cordage... Margaret réapparut la première, les bras passés sous ceux du corps inerte de Meelo. Le jeune homme fit léviter la bouée sous eux afin de les maintenir à la surface, puis coordonna la dernière traction. Ils franchirent le bastingage et retombèrent sur le pont, trempés et glacés. Sa colère envers Margaret s’effaça devant le soulagement. Elle avait pris un risque déraisonnable, mais elle avait ramené le garçon. Il s'en voulait de ne pas avoir sauté avant elle !

TERRY : Je te ferai la morale plus tard. Pour l’instant, reste sous cette couverture et ne prétends pas que tu vas bien avant que je t’aie examinée.

Nathan se plaça aussitôt auprès d’elle. Terry perçut dans son geste et dans son regard que la présence de Margaret était devenue son principal point d’ancrage depuis sa blessure à la tête. Il les laissa quelques instants ensemble tout en demandant à Nox de continuer à réchauffer progressivement la Serdaigle. Il admirait l'audace de la jeune Dubois même s'il n'osait pas l'avouer !

Son attention se porta ensuite entièrement sur Meelo. Jemima avait placé l’enfant sur le côté, ce qui était approprié puisqu’il respirait encore faiblement. Terry s’agenouilla près de lui et vérifia sa respiration, son pouls et l’absence de blessure au cou. Sa peau était glacée et ses lèvres commençaient à bleuir.


TERRY : Vous avez bien fait de ne pas le secouer et de ne pas essayer de le suspendre par les pieds. Nox, garde ton sort d’air chaud faible et régulier. Il ne faut pas le réchauffer trop brutalement.

Il dégagea délicatement les voies respiratoires de l’enfant, sans employer de sort puissant susceptible de provoquer un spasme. L’eau présente dans les poumons ne pouvait pas simplement être retirée comme un objet coincé dans la gorge ; Meelo devait recommencer à respirer efficacement et expulser lui-même ce qu’il avait aspiré. Le jeune homme essaya de faire réagir Meelo, l'encouragea à respirer... Après des secondes, qui semblèrent durer des heures, le garçon se tortilla soudain et recracha de l’eau en toussant. Terry le maintint sur le côté pour éviter qu’il ne l’inhale de nouveau. Il attendit que chaque quinte se termine, surveillant son souffle.

Lorsque Meelo fixa Jemima et l’appela « Maman », le serveur des Trois-Balais ressentit un pincement douloureux. L’enfant était conscient, mais désorienté et toujours influencé par la voix qui l’avait attiré dans les profondeurs. Il avait conscience de la fragilité de plusieurs des jeunes élèves qu'il avait autour de lui et du fait qu'ils n'auraient jamais dû être confrontés à de tels dangers à leur âge !


TERRY : Tu es sur le bateau, Meelo. Jemima est avec toi. Margaret t’a ramené. Tu es en sécurité pour le moment.

Il empêcha qu’on lui donne immédiatement une boisson chaude. L’enfant devait d’abord être parfaitement éveillé, capable d’avaler et de respirer sans difficulté. Il demanda des vêtements secs et plusieurs couvertures, puis chargea quelqu’un de rester auprès du jeune gryffondor sans interruption. Après une quasi-noyade, une détresse respiratoire pouvait encore apparaître plus tard. Il se tourna ensuite vers Margaret.

TERRY : Ce que tu as fait était extraordinairement courageux. C’était aussi terriblement dangereux. Si la corde avait cédé, nous aurions eu deux enfants à sauver au lieu d’un.

Son ton ne contenait ni mépris ni véritable reproche. Terry savait que Margaret avait agi parce que les adultes, lui compris, n’avaient pas atteint Meelo à temps. Il détestait d'ailleurs prendre ce ton avec les élèves, lui qui habituellement était plutôt à l'écoute, mais c'était sa façon de réagir au stress. Face au danger, face à une certaine impuissance, il avait besoin de se convaincre qu'il tentait de maitriser les choses.

TERRY : Mais tu l’as retrouvé. Merci. Tu as fait... ce que j'aurais dû faire immédiatement !

Il adressa également un regard reconnaissant à Jemima, Nox, Mirabelle et Nathan.

TERRY : Vous l’avez tous sauvé. Margaret n’aurait jamais pu remonter seule. La corde n’a tenu que parce que vous avez accepté de devenir les points d’ancrage les uns des autres.

L’unité du groupe lui apportait un faible réconfort, mais elle ne lui faisait pas oublier les deux autres élèves disparus. Aucun corps n’était revenu à la surface. Il fixa quelques secondes la mer, avec cette impression terrible que les voix ajoutaient délibérément chaque nouvelle victime à leur chœur. Nox avait reconnu dans l’appel une imitation de sa sœur sans se laisser entraîner. Jemima et Mirabelle, qui avaient la chance de ne pas avoir perdu de proche, avaient opposé à la voix leur prudence, des souvenirs heureux et même les coassements furieux de Rainette. Nathan avait failli céder, mais sa confiance en Margaret l’avait ramené vers le pont. Terry comprit que la meilleure défense n’était pas de lutter seul contre les morts : il fallait s’attacher aux vivants ! Seule la vie pouvait vaincre la mort !

TERRY : Restez encordés jusqu’à ce que nous ayons quitté ces eaux, même si les voix se taisent. Désormais, chacun garde un partenaire en vue.

Jade paraissait épuisée par son envoûtement, ses sorts et la lutte contre ses propres souvenirs. Terry s’approcha d’elle une fois Meelo stabilisé.

TERRY : Tu as sauvé ceux que tu as détournés du bord. Ce que les voix ont dit n’efface pas cela. Et tu n’auras pas à porter seule ceux que nous avons perdus.

Ces paroles s’adressaient autant à lui-même qu’à elle, lui qui avait l'impression de porter le poids de tous les cadavres des disparus de leur groupe. Comment pourrait-il annoncer à des parents le décès de leur enfant ?

Lorsque Margaret affirma qu’ils devaient reprendre leur route vers le sud, Terry ne s’y opposa pas, mais refusa de considérer la prophétie comme une certitude.Avant de remettre les voiles, il compta tous les passagers, nota les disparus et vérifia chaque attache. Puis il resta près de Meelo, écoutant sa respiration tandis que la terre noire s’éloignait. Les morts, eux, continuaient parfois à murmurer au fond de son esprit. Ils parlaient du balluchon, de Polyphème et des élèves qu’il n’avait pas sauvés. Le magizoologiste ne tenta plus de leur répondre. Il posa simplement une main sur le cordage qui l’unissait aux autres et fixa les vivants rassemblés autour de lui. Il ne pouvait pas réparer le passé en rejoignant les morts, il pouvait seulement empêcher la mer de leur prendre quelqu’un d’autre.




« La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. »
Une Saison en Enfer, Arthur Rimbaud
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 5 - Le Monde des Morts
Créé : 17/09/2026 à 02:47:51

Jade n'avait jamais dansé que pour les sabbats. Pour les fêtes. Pour s'entraîner.
Pas comme ça. Pas pour ça.
Elle se sentait répugnante.

Mais Terry dut sentir que son rayonnement faiblissait, parce qu'il l'encouragea, l'aida à maintenir sa transe vers les bons objectifs.
De toute évidence, elle parvenait à éloigner les enfants.

Elle le regarda dans les yeux un bref instant, lui envoyant toute la force de sa reconnaissance, et ses remerciements.


***

Le contact physique fut brûlant. Douloureux.
Il n'y avait pas le temps, et Jade prenait trop de temps, n'est-ce pas ?
Aucune indication sur quoi prendre, aucune indication sur ce fichu minuscule compartiment, et personne pour se dire que si les deux adultes responsables n'avaient pas sauté à l'eau pour sauver Meelo, il y avait peut-être une raison.

Le choix de ses pouvoirs de Vélane par-delà ses dons de sorcelleries, par exemple. Risquer d'entraîner les enfants dans l'eau avant qu'ils n'aient mis leur cordage parce que la jeune femme, toute adulte qu'elle soit, n'était absolument pas certaine d'à quel point elle avait influencé chaque. fichu. enfant. ?
* C'est facile de faire le bon choix quand on ne risque personne d'autre que soi-même. Il y avait des dizaines d'enfants, je n'avais pas assez de temps pour lancer des sorts. L'un d'eux tombe à l'eau malgré tout et parce que j'ai choisi la voie Vélane je ne peux pas le sauver. *
Elle était en rage, épuisée, désespérée.
Repoussée doucement, et une adolescente à l'eau qui au passage n'avait attendu aucun aval.

Une seconde pour vérifier avec Jade, et Terry aurait peut-être plongé. Parce que deux adultes responsables de trois wagons d'enfants entre onze et dix-sept ans, lorsqu'ils sont dans la tourmente, se consultent.

Jade agrippa le poste de pilotage de ses deux mains et serra de toutes ses forces.
Quelques jours plus tôt, les serres auraient réduit en morceaux le magnifique meuble en bois vernis.
Elle finit par ouvrir le petit compartiment, trop petit pour contenir une bouée... et glissa l'objet dans la poche de sa veste.
Elle ne risquait pas de dévoiler de nouveau sa peau avant longtemps.

Jade Parlambre était au bord de la nausée et la sueur de la danse était poisseuse, souillée.
Une migraine familière commença à la tancer du côté droit tandis que des tâches apparaissaient devant son oeil.

***

Terry avait pris la coordination des secours ; Jade pris la charge des enfants traumatisés.
Ils voulaient rentrer. Certains nés-moldus voulaient savoir comment bloquer leur magie. Ils ne voulaient pas de ce monde.
Et Jade, déesses, les comprenait entièrement.
— Je sais que le Monde Magique n'est pas toujours accueillant. Mais on ne peut pas bloquer sa magie. Si vous faites ceci, elle vous consumera, et dévorera tout sur son passage. Vous n'agoniserez qu'après avoir accidentellement tué ceux qui se trouvaient proches.
C'était cruel. C'était violent. Ils venaient d'entendre les morts.
Mais Jade... Jade comprenait la tentation, et surtout, elle avait connaissance des obscurus. Et un joli diplôme en sciences humaines de Cambridge qui lui permettait de savoir que cette Odyssée pouvait pousser à rejeter le monde magique de par les traumatismes répétés. Et elle ne perdrait aucun enfants.
– On ne peut pas juste l'enlever? demanda une petite voix. La donner à... à un Cracmol qui en voudrait?
— Si c'était possible... le monde serait très différent, murmura Jade.

Elle gardait une oreille vers le chaos ; elle n'était pas la seule. Les élèves qui n'avaient pas la force physique ou mentale pour aider Meelo voulaient qu'il s'en sortent.
Mais certains savaient que s'ils s'approchaient de la balustrade, ils plongeraient à leur tour.

Enfin, Meelo fut ramené sur le bateau, Margaret prise en charge, et Homère conseilla de ranimer le petit au plus vite.
Visiblement pas assez vite au goût de Nox.
— Holà, quelqu'un, un prof, un septième année, un secouriste ?
La suite de sa phrase fut perdue. Jade vit rouge.

Elle se leva d'un bond, vidée, exténuée, serrant encore deux mains de pré-adolescents entre les siennes.
— OUI, PARCE QUE LES PROFESSEURS N'ARRIVENT JAMAIS A TEMPS, N'EST-CE PAS ? rugit-elle. ILS NE PLONGENT PAS, ILS NE S'ATTACHENT PAS, ILS SONT DES IMBECILES INUTILES QUI POURRAIENT TOUT AUSSI BIEN NE PAS ÊTRE LA. VOUS AVEZ VOS ACTES HEROÏQUES, MAIS IL Y A DEUX FOUTUS ADULTES SUR CE BATEAU QUI, DEPUIS LE DEBUT, S'OCCUPENT DE CEUX QUI NE PEUVENT PAS AIDER ! CA FAIT DES JOURS, DES NUITS, QU'ON SE RELAIE AVEC TERRY POUR QU'AU MOINS L'UN DE NOUS SOIT EVEILLE.

Elle n'en pouvait plus, du manque de sommeil, de la culpabilité, de la jolie fierté adolescente qui veut tout régler par lui-même et pense à quel point il est un héros.
Elle fit de son mieux pour ne pas bousculer l'adolescente en se penchant sur Meelo, appuyant sur son torse pour le ranimer, prenant le relai parce que maintenir le bon rythme en pressant est absolument épuisant et les vingt secondes que vous devez accomplir avant que quelqu'un ait récupéré et vous relai paraissent une éternité.
Vous avez une vie entre les mains. Vous pressez de vos deux mains là où vous l'avez appris, en chantant Staying Alive pour être sûr du rythme. Vous risquez de briser des côtes au passage, mais il y a une vie entre vos mains pendant vingt atrocement longues secondes.

Lorsque Meelo recracha l'eau et s'accrocha à Jemima, Jade se souvint que la jeune femme l'avait aidée.
Visiblement, récupérer l'enfant et le tenir la moitié du temps d'une tempête contre elle ne comptait pas.
Chère soeur, il y a plus important que ton ego.
En effet.
Des enfants qui venaient à elle, il y en avait. Des cauchemars qu'elle recevait, écoutait, des ados qui avaient faims et à qui elle ne pouvait que conseiller de mâchonner des racines pour tromper l'estomac, parce que les vivres du jour avaient été distribués.

Jade prit une longue inspiration.
Meelo était sauvé.
Homère avait commencé les premières phrases de la prophétie, et Jade se foutait en l'occurence complètement de cette prophétie.
Le destin était déjà écrit. La déchiffrer ? Bien sûr qu'ils le feraient.
Que pensaient-ils que Terry et elles faisaient, au fait ? Du maquettisme ?

Elle fit volte face comme une furie pour mettre les points sur les i.
— Entre les épreuves, on compte les vivres. On organise des activités et des ateliers qui ne sont certainement pas à la hauteur de ce que vous voulez, mais on fait ce qu'on peut pour que l'ennui ne vous rende pas fous. On essaie de vous faire vous concentrer sur autre chose que les images d'horreur ou le mal du pays. On cherche le moindre morceau de bois inutile à transformer en parchemin pour que vous puissiez écrire à vos parents, même s'ils ne liront ça que plus tard. Quand on n'est pas en train d'animer un atelier alors que l'autre est à la navigation, on passe nos heures dans la cabine à chercher à contacter Poudlard et à revoir l'Odyssée de tête pour essayer de prévoir la prochaine étape. On dort trois heures par nuits, et vingt minutes ça et là.

Jade regarda les plus hardis l'un après l'autre, ceux qui se démarquaient, ceux qui avaient une graine de héros d'après les récits.
— Vous n'avez pas besoin de nous. Vous n'avez même pas envie de notre aide, vous avez appris à vous débrouiller juste entre amis, à vous réconforter. Mais vous n'êtes pas. Les seuls élèves. Dans cette Odyssée. Et vous n'avez de compte à rendre qu'à vous-même. Terry et moi, nous devons nous consulter. Travailler en équipe. On n'est que deux. Vous voulez arriver jusqu'au bout de cette Odyssée, déchiffrer la Prophécie, anticiper les étapes ? Vous voulez qu'on le fasse en étant unis ? Alors prenez en compte qu'on doit organiser pour les élèves les plus en difficulté, et accordez nous deux minutes pour réagir.

Jade cessa de parler juste avant que les larmes gonflent sa voix.
Ce n'était aucun de ces ados qui allaient devoir répondre de la mort des deux enfants. Ce n'étaient pas eux qui seraient éventuellement tenus pour responsables. Ni qui, si disculpés, porteraient la culpabilité leur vie entière.
Le travail invisible ne se voit pas. Il est ingrat. Mais quel genre d'adulte responsable décide de dompter la tempête avant de s'être assurés que ceux qui ne savent pas nager ou qui ne peuvent pas participer sont à l'abri ?
Protéger d'abord.
Secourir en dernier.

Les enfants, les adolescents, ont une ingratitude dont ils ne sont pas exactement responsables. C'est normal que le monde tourne autour d'eux, c'est normal que maman se lève la nuit, c'est normal que maman joue avec vous.
Apprendre que les parents sont des êtres humains et que non, là il va falloir s'occuper seul parce que Maman a besoin d'un peu de temps seule... C'est un concept extrêmement difficile. La plupart des enfants ne voient que le parent.
L'ingratitude adolescente est plus délicate à gérer. Ils ont conscience de la vérité du monde. Parfois ils sont volontairement infects tout en culpabilisant. D'autres fois, ils n'ont pas conscience d'autre chose que d'eux mêmes, mais la période est difficile et les culpabiliser, briser un peu leur estime fragile d'eux-mêmes... C'était impensable.

Jade avait jusqu'ici plutôt bien réussi sa balance, à Poudlard. Au début de l'Odyssée.
Mais le manque de sommeil détruit la psyché. Elle était assez lucide pour peser ses mots, mais elle en avait aussi particulièrement assez de l'attitude de certains, et signaler que oui, ils étaient là, à toute heure du jour et de la nuit, quoi que pas de façon héroïque et donc visiblement moins intéressante...
Il y a des mises au points nécessaires.

***

Terry se chargea du reste, Jade tentant de trouver un anti-douleur. La migraine lui soulevait le coeur et elle vomissait, mais à ce stade...
Une compresse humide sur la moitié du visage, elle s'assit près du Magizoologue :
— J'ai demandé à ce que des binômes soient formés depuis la sortie de la caverne, dit-elle sans pouvoir dissimuler l'amertume de sa voix. Je suis désolée, Terry. S'ils t'écoutent et que chacun garde un partenaire, cette fois... ce sera une bonne chose. Mais j'ai demandé à ce que des binômes ne se lâchent pas la main depuis la caverne.
Elle empestait le vomi, mais au milieu des effluves mortuaires, c'était mieux. Cela permettait de se concentrer sur autre chose.
Les voix de ses parents... la voix d'Onyx qui semblait trop réelle...
— Merci. Je n'ai aucune idée de si l'envoûtement était le bon choix. J'étais trop en transe pour voir si je les sauvais réellement. Et le fait de jouer sur le désir... je crois que ma migraine est psychologique. Les éblouir. Tenter de ne susciter que l'admiration... mais rien que l'admiration, chez des adolescents, peut mener à autre chose et...
La douleur derrière son oeil droit monta à neuf, et elle se plia en deux, balayant d'un evanesco la bile juste après.
— S'ils sont sauf cela en valait la peine, termina-t-elle d'une voix rauque.
Elle pressa le bras de son collègue, épaule contre épaule, avec un besoin de contact humain entièrement amical.
— Je n'arrête pas de penser... je savais ce qu'était cette Caverne. Tous les "J'aurais dû" du monde tournoient sans cesse. Le fait de les avoir perdus... A quoi cela sert-il d'avoir des adultes responsables s'ils sont incapables d'empêcher les traumatismes? Nous savions que Meelo était à risque, j'aurais dû le prendre par la main dès notre arrivée ici.

Un adulte responsable est la chose la plus importante dans la vie d'un enfant.
A Poudlard, ces enfants n'avaient plus d'adulte responsable, à peine un Directeur de Maison qui ne pouvait pas entourer l'enfant émotionnellement aussi bien qu'un petit de onze ans devait l'être.
— Meelo... il ressemble beaucoup à mon fils. La société a évolué, la construction de l'enfant aussi. La moitié des premières années réclament leur famille... Tu as déjà pensé... que certains enfants n'étaient pas prêts pour la vie en pensionnat ? T'es-tu déjà demandé s'il ne fallait pas au moins offrir l'option internat, avec retour tous les vendredi soirs ?

Etrange, qu'il ait fallu être sur ce bateau de nouveau au rythme si calme pour que la pensée de Jade fût enfin formulée.
Elle se créait pourtant, tournait sans prendre forme, depuis dix-huit mois.
Mais ce n'était plus uniquement son enfant, désormais. Il y avait Meelo, et elle avait pu parler à d'autres enfants, des que la société moldue n'avait certainement pas préparée à l'idée d'être coupé de sa famille dès leurs onze ans.
Jade respira un peu plus librement.

C'était fini pour les morts.
Mais il y avait une chose à laquelle ils ne couperaient pas. Une chose présente dans chaque version de l'Odyssée, parfois attendue et espérée.
La version antique du Miroir du Rised.
L'épreuve des Sirènes.
Et Jade ignorait si elle préférait se prendre de plein fouet la pulsion de vie après la pulsion de mort, ou si elle préférait attendre de se remettre, mais que l'Odyssée touche à sa fin et qu'elle n'ait plus aucune force pour résister à ses désirs.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."

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